
@Article{pson-2022-0195,
AUTHOR = {J. Sainton, M. Derzelle},
TITLE = {La confiance dans le dispositif : une obstination déraisonnable},
JOURNAL = {Psycho-Oncologie},
VOLUME = {16},
YEAR = {2022},
NUMBER = {2},
PAGES = {229--233},
URL = {http://www.techscience.com/PO/v16n2/52849},
ISSN = {1778-381X},
ABSTRACT = {L’évolution législative récente relative à la fin de
vie, qui tend à substituer la procédure à la relation, interroge.
Aujourd’hui, chaque question semble devoir être obstiné-
ment transformée en problème à résoudre, et donc à résoudre
techniquement. Nous évoluons dans un contexte marqué par
la primauté de la technique et du droit sur le sens et sur le
rapport humain. Ce paradigme, confronté à nos limites,
accentue la double angoisse de la fin de vie : la peur de
souffrir et la peur de mourir. Il favorise également une compréhension nominaliste de la liberté : l’autonomie n’est plus
comprise comme un accomplissement, mais comme un
refus, une émancipation du réel. La loi du 2 février 2016
rend compte de ce déplacement, elle qui nous invite à placer
notre confiance non plus dans la personne mais « dans le
dispositif ». Ainsi des directives anticipées, dont la finalité
est de faire droit à l’autonomie, réduite à la maîtrise, au
contrôle des conditions du mourir. Le dispositif, qui fera
dépendre l’autonomie d’une exigence de conformité à la
technique, devient le symptôme d’une profonde désubjectivation. La médicalisation de la mort obère la question de la
mort. Et cette désymbolisation de la mort va de pair avec son
individualisation, le sujet étant laissé de plus en plus seul.
Il conviendrait de rendre à la parole et au sens leur souveraineté. Car les enjeux de la fin de vie sont des enjeux de
sens — non de moyens.},
DOI = {10.3166/pson-2022-0195}
}



